06.11.2008

Nature et création du monde

novembre 1, 2008 

La question de la création du monde n’est pas très éloignée des thématiques écologistes. Elle pose la question du rapport du discours théologique aux autres discours, notamment scientifique.

Aussi, pourra t-on noter avec intérêt les interventions récentes de l’évêque de Rome, au cours de la première journée de la session plénière de l’Académie pontificale des sciences (31 octobre au 3 novembre) qui avait choisi pour thème : “Perspectives scientifiques sur l’évolution de l’univers et de la vie”.

“Le monde, a ainsi expliqué Benoît XVI devant ces scientifiques venus du monde entier, loin d’être né dans le chaos, ressemble à un livre ordonné”. (…) ” En dépit d’éléments irrationnels, chaotiques et destructeurs au cours du long processus du changement du cosmos”, l’évolution du monde est quelque chose de “lisible”, qui possède “sa propre mathématique” “. Le Pape a alors recommandé que la lecture du monde organisé, un cosmos, “tienne compte en permanence de la présence fondamentale de l’auteur qui a souhaité s’y révéler”.

On l’aura compris : c’est là la position traditionnelle de la théologie catholique. L’intervention reste notable parce que le discours de Benoît XVI légitime sans difficultés la démarche propre de la science. Notamment sur les théories de l’évolution naturelle. Ce n’est donc pas en termes d’opposition que les choses sont abordées ici, mais en termes de sous-entendus philosophiques à repérer, pour bien se comprendre…

A l’occasion du 150e anniversaire de la parution du livre de Charles Darwin L’origine des espèces, l’université pontificale grégorienne, dans le cadre du projet STOQ Science, Theology and the Ontological Quest promu par le Conseil pontifical de la culture, organisera un colloque intitulé ‘L’évolution biologique : faits et théories, une évaluation critique 150 ans après “L’origine des espèces”‘, du 3 au 7 mars 2009.

DL

 

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Pauvre d'être riche

Dominique Lang - Groupe Saint Lambert

C’est tout le terrible paradoxe du Congo. Une terre regorgeant de richesses naturelles qui, au lieu d’aider la population locale à se développer, sont exploitées scandaleusement et alimentent intérêts et conflits de petits chefs de guerre.

“La guerre a recommencé et on compte déjà plus de 5 millions de morts. Une guerre paravent pour couvrir le saccage des richesses minières du pays où 70% des 60 millions d’habitants vivent avec moins d’un dollar par jour”.”Goma est devenue une prison où les vivres commencent à manquer”, affirme un communiqué des missionnaires qui dénoncent des violations des droits de l’homme dans l’est du Congo. Le document rappelle la prise de position des évêques congolais qui dénoncent les crimes commis contre la population congolaise : “Les conséquences sont énormes : encore des milliers de morts, des populations condamnées à fuir et à errer dans des conditions inhumaines, des enfants et des jeunes contraints de s’enrôler comme soldats dans des groupes armés… Un drame humanitaire sous nos yeux qui ne peut laisser personne indifférent.”" Non à la guerre et au saccage des ressources naturelles” écrivent les évêques. I (source : Fides et Misna)

A celui qui a souci de la terre, comment ne pas se soucier de ce qui se passe au Congo en ce moment ?

A quelques centaines de km de là, dans l’autre Congo (Brazzaville), s’est déroulé au même moment, fin octobre, un Forum mondial du développement durable organisé à l’initiative de la revue Passages, réunissant notamment les six pays africains qui se partagent les 227 millions d’ha du formidable massif forestier tropical de la région. Le deuxième au monde après celui de l’Amazonie.  Une forêt aussi menacée par une déforestation mitant les territoires et exploitant les ressources naturelles. Changements de pratiques agricoles pour les plus pauvres et fin de la corruption pour les plus riches, voilà l’incontournable équation. “L’Afrique centrale a échoué à produire des richesses pour le plus grand nombre parce que nos gouvernants se sont comportés avec nos ressources naturelles comme de véritables prédateurs”, dénonce Mwayila Tshiyembe, directeur de l’institut panafricain de géopolitique. L’article du Monde qui rend compte de ce Forum explique combien il serait nécessaire de prévoir un mécanisme de rémunération de ces pays pour la préservation de ce poumon vert… Tout en décrivant la difficulté de la mise en oeuvre d’une telle mesure financière… redoutant qu’une manne financière liée à la forêt ne subisse le même sort qu’une grande partie de l’aide au développement.


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Le rapport Sudkhev

Cécile Cros (GoodPlanet) - Groupe Saint Lambert

Le rapport Sukhdev

Dans le sillon du rapport Stern sur les conséquences économiques mondiales du changement climatique (Stern report), le ministère fédéral allemand de l¹Environnement et la Commission européenne ont lancé conjointement une étude d¹envergure mondiale intitulée : « L¹Économie des écosystèmes et de la biodiversité » (TEEB en anglais).

M. Pavan Sukhdev, Responsable Département des marchés internationaux à la Deutsche Bank, a été désigné pour prendre la tête de cet important travail mené par des experts de premier plan. L¹étude a pour objectif d’évaluer les coûts de la perte de la biodiversité et de la dégradation des services rendus par les  écosystèmes et les compare avec les coûts qu’engendrerait une utilisation plus soutenable de nos ressources. La semaine dernière, Sukhdev a déjà rapporté des chiffres vertigineux. Il estime que la perte annuelle des services rendus par la nature due à la destruction des écosystèmes entre 2000 et 5000 milliards de dollars (Le
Monde 
du 20 octobre). Georges Monbiot, célébre éditorialiste au Guardian, dans une très bonne tribune intitulée”That is what denial Does” (http://www.monbiot.com/archives/2008/10/14/this-is-what-d...) rapporte également les chiffres de Sukhdev.  Pavan Sukhdev donnera une conférence le 25 Novembre 2008 de 14h30 - 17h30 À l¹EHESS (105 Bd Raspail ­ 75006 Paris)

Dominique Lang - Groupe Saint Lambert

Une info complémentaire à celle donnée par Cécile peut être trouvée par exemple dans les chiffres donnés la semaine dernière au cours du Forum mondial du développement durable organisé à l’initiative de la revue Passages, du lundi 27 au jeudi 30 octobre à Brazzaville (République du Congo) quiréunissait notamment les six pays qui se partagent le deuxième massif forestier tropical de la planète.

Paul Martin, expert de la Banque mondiale a estimé ainsi les montants financiers liés aux “services” que rend la forêt tropicale à la seule RDC : 160 millions de dollars pour la vente du bois, 1 milliard de dollars liés au commerce de viande de brousse, 1 milliard de l’utilisation du bois comme combustible et 500 millions encore pour le rôle de remparts contre les inondations que joue la forêt.

 

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